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dimanche 16 décembre 2012

10.12.2012: L'hiver en Suède


*Nyamuk de neige* 



*Les élans de Slottskogen à Göteborg : à la fin de l'année, les cornes des élans tombent avant de repousser l'année suivante (ou bien les soigneurs les ont coupées pour ceux-là, on n'est pas sûrs.)* 



*Les poneys de Slottskogen*



*Et les pingouins de Slottskogen*



*Sur mon balcon à Lund : construction d'un morse de neige avec Nyamuk *



*A Malmö : la mer a gelé*

dimanche 9 décembre 2012

08.12.2012 : Voyage voyage.


 *Entre Lund et Göteborg*


Cette fois, Noël est bien installé en Suède. Ca a pris du temps, mais les lumières dorées sont maintenant allumées dans toute la ville. Il y a des sapins, et surtout de la neige. Elle s’est mise à tomber il y a une semaine. Intensément, sans s’arrêter, une pluie continue de boules de coton qui ont formé un épais tapis blanc, partout autour de nous.

Timing parfait : c’était justement le week-end pendant lequel Nyamuk et moi avions prévu d’aller à Göteborg. J’ai rêvé des marchés de Noël de Göteborg quand j’ai commencé à rêver de la Suède, je crois. Le plus grand marché de Noël de Suède. Le plus beau d’Europe. Mes attentes étaient élevées.

Jusqu’à présent,  ma référence en matière de marchés de Noël restait Strasbourg. Il y a quelques années, j’y allais souvent, tous les ans, pour déambuler entre les stands remplis de babioles plus ou moins kitsch, en mangeant des flammenküche sur des baguettes avec un verre de vin chaud, me gavant au passage de bredele et de chants traditionnels. J’attendais toujours cette période avec impatience et j’aurais pu y rester des journées entières, malgré le froid, même après en avoir fait trente fois le tour.

Nous sommes partis très tôt le samedi matin. Je voulais arriver le plus rapidement possible. Idée qui paraissait terrible la veille au soir en réglant le réveil à 5h45, mais merveilleuse finalement. Nous avons pris le bus pour aller à Göteborg, quatre heures de route accompagnées par le lent lever du soleil sur la neige fraiche. Ce voyage m’a rappelé l’excitation de mon périple en bus dans le Golden Circle en plein hiver islandais. J’ai encore en tête les images de la lumière de jour qui semble avoir du mal à se sortir du lit, qui s’étire, se remet sous la couette, et donne l’impression d’abandonner pour trainasser sous les draps plutôt que de complètement se lever. Il y a des couleurs vraiment particulières, ici, au lever du soleil. On dirait un crépuscule inversé. Un entre deux difficile à décrire mais qui m’émerveille à chaque fois. Autant dire que malgré le peu d’heures de sommeil de la semaine, je n’ai quasiment pas fermé l’œil du voyage. J’étais trop occupée à coller mon nez à la fenêtre en écoutant des chansons des années 60 (et à prendre des photos à mettre sur Instagram).



*Marché de Noël de Liseberg *

Les marchés de Noël ont finalement été un peu décevants – mais il faut avouer que la barre était placée haut avec ceux de Strasbourg. Nous en avons visité deux dans le centre, mais le meilleur était celui de Haga, un quartier fait de petites rues pavées pleines de cafés cosy. L’attraction touristique de Göteborg,  sans doute, mais comme je disais à une cousine il n’y a pas si longtemps, il faut relativiser ce qu’on appelle « touristique » en Suède… qui n’atteint jamais le niveau de ce qu’on peut connaitre en France. Dans une des rues, des stands avaient été installés, avec ce qu’on trouve habituellement sur les marchés de Noël, sans vin chaud ni flammenküche mais avec des empanadas… allez comprendre. Le lendemain, nous sommes allés à Liseberg, le parc d’attraction au cœur de la ville, également habillé aux couleurs de Noël. Là aussi, l’allée avec les stands était finalement petite, mais il y avait suffisamment de cafés et de restaurant pour nous réfugier quand nos mains étaient trop glacées, et nous gaver de gâteaux à la pomme, à la cannelle, et de chocolat chaud.



* Pause chaleur dans un café de Liseberg *

Finalement, ce qui nous aura le plus marqués à Göteborg, ce sera peut-être tout ce qui n’était pas suédois !

Nous sommes allés à l’Universeum, un musée qui abrite notamment une immense serre tropicale et de grands aquariums remplis d’une multitude de poissons, y compris des requins. Nous sommes restées des heures à nous balader dans la chaleur moite de cet endroit, à regarder les singes et les perroquets en liberté dans la serre tropicale, à frissonner devant les requins et les cobras (qui n’étaient pas en liberté, eux) et à nous rappeler nos souvenirs d’Indonésie et de la Monkey Forest, avec ses singes qui piquaient nos affaires pour les refourguer à des gardes qui font payer les touristes pour récupérer ce qu’on leur a volé. En plus des animaux, j’ai admiré dans cet endroit la discipline des visiteurs. Il n’y avait personne pour assurer la sécurité (où alors, ils étaient cachés dans les plantes), mais je n’ai pas vu une seule main se tendre pour caresser les plumes des flamands roses ou essayer de toucher les singes minuscules qui vivaient leur vie à 10 cm de nous. 


* Les occupants de l'Universeum *

Le soir, nous avons mangé dans un restaurant thaïlandais sur lequel j’avais littéralement flashé en passant devant : le Moon. L’intérieur était entièrement décoré de plantes tropicales et de lampions de toutes les couleurs. Il ne manquait plus que le sable et nous étions de nouveau à Padangbaï, à l’est de Bali, dans ce petit restaurant à côté de l’hôtel que nous avions loué, et dans lequel un Américain s’efforçait d’animer la soirée en grattant sur une guitare désaccordée pour accompagner sa voix tout aussi juste que les notes qu’il sortait de son instrument. Cette fois, nous étions en Suède, il faisait -10°C dehors, et je buvais le premier mojito depuis mon arrivée ici. Nous avons reparlé de nos voyages. De la vie ici. De la vie là-bas. Nous avons rêvé un peu en dévorant nos assiettes.

Je me souviens. Lorsque j’ai commencé à écrire dans mes carnets qui me suivent partout, j’ai tout de suite pris l’habitude de toujours noter le lieu, la ville et le pays dans lequel je me trouvais. J’avais une dizaine d’années, et c’était un peu déprimant d’écrire à chaque fois « Issy les Moulineaux, France », ou « Le Theil, Basse Normandie, France ». En fait, non, ce n’était pas déprimant parce que je ne rêvais pas spécialement de voyager à cette époque. J’avais l’esprit plus occupé par Leonardo DiCaprio et David Boreanaz. Mais c’était comme si je sentais que cette envie viendrait un jour. Chaque fois que j’allais dans un endroit différent, pour les vacances par exemple, je me forçais à écrire un texte, juste pour pouvoir noter fièrement un autre nom de ville. Comme une collection. C’est ça : j’ai commencé à collectionner les noms de lieux avant d’avoir envie de voyager.

Je ne sais pas exactement quand cette envie là est née. Peut-être au Danemark, dans cette école de musique dans laquelle je suis restée trois jours mais qui aura fait basculer beaucoup de choses dans ma vie. Ou en Islande, quelques mois plus tard, en regardant cette lumière paresseuse qui ne s’élevait jamais au-delà du doré sur les mottes de neige.  Cette lumière que j’ai retrouvée entre Lund et Göteborg et qui chaque fois me tire par la main pour me donner envie d’aller plus loin.



*Mojito on the Moon *

mercredi 10 octobre 2012

10.10.2012 : En automne, les pages blanches tombent des arbres.




Je suis rentrée en Suède il y a quelques jours, après une semaine à Paris. Ici, l’automne est arrivé et je me demande s’il existe une saison dans ce pays pendant laquelle la nature n’est pas superbe. Les arbres sont devenus rouge pétant, il pleut en même temps que le soleil et je contemple tous les jours des arcs en ciel sous le vent glacial. On se croirait en hiver, presque déjà, mais il y a des couleurs partout. Quand Nyamuk est venu en septembre, nous avons déjà pu largement profiter de cette peinture grandeur nature. D’abord pendant un week-end à l’est de la Scanie, à Kivik. Nous étions déjà allés à Simrishamn pendant l’été, le port d’à côté, entouré de gigantesques plages de sable blanc. Nous avions mangé des glaces en regardant des goélands XXL se livrer à de véritables combats de catch pour quelques miettes jetées par la foule amassée sur les bords de mer. Cette fois, Simrishamn était vide, et nous avons dormi dans une maison d’hôte à quelques kilomètres du centre ville de Kivik,  à l’entrée du parc national de Stenshuvud. Les propriétaires avaient vraisemblablement retapé cette ferme dans laquelle les poules servent de comité d’accueil, et la femme vendait ses céramiques dans une petite boutique à côté de notre chambre. Partout autour de nous, le paysage avait été verni par la pluie. Nous avons passé deux jours à crapahuter dans la forêt du parc national, qui grimpe le long d’une falaise pour s’arrêter face à une superbe vue sur la mer. Avec la brume, on se serait cru dans un conte celte, ou sur le tournage d’un film prenant le Moyen Age pour décors,  et lorsque nous sommes tombés sur un labyrinthe construit avec des petits cailloux, notre imagination a débordé.  Il y avait aussi des animaux bizarres, baptisés par nous-mêmes des « pandaches » - un mix entre un panda et une vache – mais qui étaient en vérité des vaches de race Shetland. Je garde de ce week-end le souvenir du calme et puis de la chaleur – pas à l’extérieur, mais vous voyez.



La semaine d’après avait lieu le meeting de Trans Europe Halles à Göteborg, sur lequel j’ai travaillé depuis que je suis arrivée ici. Un grand moment, et une longue semaine, épuisante. Nous accueillions une centaine de personnes venues de toute l’Europe, sur la thématique des actions « Bottom up » - ou comment partir des citoyens pour influer sur la société et les politiques. Pendant ce meeting, entre Röda Sten et Konstepidemin, je pense avoir occupé une bonne vingtaine de postes différents, parfois totalement improbables. J’ai commencé plutôt normalement à l’accueil, l’enregistrement, ai fait de la comptabilité, de la décoration dans les salles, j’ai remplacé une photographe, ai été appelée pour aider un technicien avec l’ordinateur, j’ai pris des notes pendant des débats, assisté aux assemblées générales, et ai fini comme grand final à faire la sécurité incendie sur un spectacle de circassiens qui jouaient avec le feu. Cette semaine est passé comme un grand tourbillon qui s’est achevé sur le partage d’une bouteille de champagne « backstage » avec deux autres jeunes filles prises dans la même frénésie. Et puis, le lendemain, nous sommes partis visiter un autre centre : Not Quite, à Fengersfors. Il y avait plus de deux heures de route depuis Göteborg, un chemin magnifique qui longeait les grands lacs au centre de la Suède, et me faisait découvrir de nouveaux paysages. Arrivés à destination, nous avons découvert l’ancienne usine de papier recouverte de feuilles d’un rouge sang qui recouvraient les murs. L’endroit était magnifique. Nous avons mangé dans le restaurant avant de partir pour la visite du lieu. Karl, notre guide, nous a fait découvrir les moindres recoins de ce lieu passionnant. Dans une grande salle froide, il s’est soudain arrêté pour nous faire partager son « rituel ». Après une minute de silence, il s’est soudain jeté par terre et s’est coulé dans une demie silhouette forgée dans un métal lourd, et qui prenait la forme d’un mégaphone au niveau du visage. Allongé dans la poussière, Karl s’est mis à chanter à travers cette armure. Il se relevait et vacillait sous le poids du métal, mais continuer à chanter, et à diriger vers nous son mégaphone en tournant sur lui-même. Cette performance était d’une force presque dramatique. Voir cet homme tenter de se lever, et retomber toujours, sans que sa voix ne cesse avait quelque chose de profondément émouvant.


La visite s’est terminée par un atelier de forge, pendant lequel j’ai pu pour la première fois de ma vie apprendre à forger du fer. Je ne suis vraisemblablement pas douée pour ça, puisque le résultat de mon œuvre était… inattendu. Mais je rajoute une ligne dans la liste de mes expérimentations manuelles.

Car ces derniers temps, j’ai beaucoup créé avec mes mains. Mon été ayant été en grande partie consacré à l’écriture de mon mémoire, j’ai fini par atteindre une overdose, et n’ai plus eu envie de formuler une seule idée, ou utiliser mon cerveau pour quoi que ce soit. J’ai donc décidé de me mettre à des activités manuelles – chose que je crois bien n’avoir jamais faite en dehors des travaux pratiques à l’école, à part un pompon, une fois, quand j’avais neuf ans. J’ai peins, j’ai découpé du papier, du carton, collé le tout ensemble, mis du vernis, et entamé d’autres projets à plus long terme qui feront l’objet d’une surprise. Très honnêtement, je ne suis pas douée pour ça. Une enfant de quatre ans ferait pareil ou mieux. Mais ces activités m’ont salutairement vidé la tête, et c’est exactement ce dont j’avais besoin.

Et puis, la semaine dernière, je suis rentrée en France pour passer ma soutenance et mettre un terme – enfin ! – à mon cursus universitaire. Et j’ai réalisé que mes deux projets qui prenaient toute mon attention ces dernières années (finir mes études et partir en Suède) se sont réalisés quasiment en même temps.

Je suis revenu à Lund et maintenant, le froid est là, mordant. La lumière baisse et l’hiver s’installe peu à peu. Je sens l’envie de me recroqueviller, de rester en tête à tête avec les histoires que je m’invente en écoutant des chansons chaudes. Alors je me remets à traîner dans les cafés pour boire des boissons brûlantes en regardant les gens. Et j’ai envie de me remettre à écrire. J’ai dit à Nyamuk en finissant la fac : J’ai fini mon chapitre ; maintenant, la page est blanche. La page est blanche, donc, et elle est tout aussi excitante qu’angoissante. Elle signifie la possibilité d’écrire une nouvelle histoire, de découvrir de nouvelles intrigues ; mais elle veut dire aussi que je ne sais pas ce qui va se passer, et qu’elle peut rester comme ça, sans rien dessus. La seule certitude que j’ai sur ce nouveau chapitre, c’est que cette fois je ne l’écrirai pas seule.

Je me suis demandée pendant un moment ce que j’allais pouvoir faire de ces journées de travail qui finissent tôt. Et j’ai trouvé : c’est peut-être l’occasion de prendre le temps de définir une nouvelle trame à notre aventure.

Alors je collectionne les pages tombées des arbres et utilise leur rouge comme encre pour écrire un nouveau roman.

dimanche 24 juin 2012

21.06.2012 : Dreaming away




Depuis que Nyamuk est parti en Indonésie, je me couche plus tôt. Et donc, je dors plus longtemps. Et donc, je me remets à rêver. Pendant longtemps, je n'ai pas vraiment rêvé - que ce soit à cause de nuits trop courtes ou à cause de somnifères. Je crois que mes rêves me faisaient très peur. Ce n'est que récemment que j'ai "accepté" de laisser ma tête faire son petit travail de tri. J'appréhende encore un peu, parfois, mais je me rends compte que mes idées sont quand même beaucoup mieux rangées qu'avant. Ca vaut le coup de laisser faire, finalement. Je commence même à plutôt kiffer ça.


Depuis mon arrivée ici, je carburais plutôt à six heures de sommeil. Non pas que j’ai l’habitude de dormir beaucoup plus normalement, mais depuis mon retour de Bali, mes nuits duraient au moins dix heures. Un peu trop peut-être, mais on finit par prendre le rythme. Je commence donc à comprendre qu’il faut que j’atteigne au moins la barre des huit heures pour que mon cerveau se mette à faire le tri pour produire des histoires – souvent absurdes.

En début de semaine, nous sommes partis à Göteborg avec Trans Europe Halles, pour organiser notre prochain meeting qui se déroulera fin septembre dans deux centres culturels : Röda Sten et Konstepidemin. Le premier est situé sous un pont, près du port duquel partent les ferrys qui relient la Suède et le nord du Danemark. «Röda Sten » signifie « pierre rouge » et ce nom vient d’un rocher peint en rouge depuis des années, au bord de l’eau. Il s’agit essentiellement d’un lieu d’expositions pour les arts plastiques, mais ils ont aussi un restaurant qui se transforme en club à l’occasion. L’autre centre, Konstepidemin, est en fait un ancien hôpital et le nom est un jeu de mot sur « l’épidémie de l’art ». L’endroit est géré par une communauté d’artistes qui travaillent ici, mais ils accueillent aussi des personnes extérieures en résidence ou en programmation. On y trouve beaucoup de plasticiens, mais aussi un studio de musique qu’on peut louer à la journée. J’avais visité ces deux centres l’année dernière, et j’étais tombée amoureuse de Konstepidemin, de ces petits bâtiments réunis autour d’espaces ouverts où on peut lézarder (quand il y a du soleil).

Les journées de travail ont été particulièrement fatigantes. Il fallait suivre et essayer de prendre part à un processus déjà en place depuis plusieurs mois, tenter de s’y intégrer. Le soir, je tombais comme une masse – et le fait de partager ma chambre avec Birgitta a sans doute joué dans le fait que je devais me coucher plus tôt que d’habitude. Et mon cerveau avait apparemment beaucoup de choses à évacuer. Les deux nuits passées là bas ont été pleines de rêves plutôt violents où je tuais beaucoup de personnes sans le faire exprès, où j’étais attaquée par d’autres puis en cavale. Le genre de rêves qui parait très réel et après lesquelles on se réveille en se demandant si on a effectivement tué quelqu’un ou non.

Cela dit, après toutes ces turbulences, j’ai eu la sensation d’avoir fait une bonne vidange et je me sens un peu plus calme. Tout ici me rend plus calme, en même temps. Le rythme de vie est très différent, et je sens que je m’y fais plutôt facilement. Les horaires de bureau : 9h / 16h30, pour tout le monde ou presque. On nous rappelle souvent qu’on a une vie en dehors du travail, qu’il faut aller faire du sport – quitte à quitter le boulot plus tôt. Les rues sont calmes ; même la pluie parait moins stressante puisque tout le monde à l’air de ne pas vraiment s’en soucier. Comme me l’a dit une Suédoise il y a quelques jours, si on s’empêchait de vivre quand il pleut ici, on ne sortirait pas beaucoup de chez soi. Sauf que le temps a été plutôt clément, jusqu’à présent.

Tout ça fait que je prends un rythme de vie aussi très différent de celui que j’avais à Paris – et pour l’instant, ça ne me pèse pas. Au contraire.

Je me souviens de mon cousin, lors de mon dernier jour à San Francisco. Nous avions fait une promenade dans un quartier plein de maisons très « high standard ». Il m’avait parlé de sa philosophie de vie ; pour lui, on ne pouvait pas évoluer constamment. Il s’agit plutôt d’avancer par paliers. D’arriver à un palier, et d’y rester un moment avant de gravir un autre échelon. Je me souviens du dessin qu’il avait fait sur le mur avec son doigt.

Je sens clairement que je viens d’atteindre un palier, que je vais m’y poser un moment, faire ce que j’ai à y faire, avant de pouvoir passer à autre chose la conscience tranquille.


Nyamuk n’en revient pas trop quand je lui dis que pour l’instant, une sortie par semaine me suffit. Mais j’ai trop de choses à faire avec moi-même. Continuer à rêver, par exemple.